« Contre les hordes de paysans pillards et assassins » (une analyse en français)

As I did with my writing on Magnetic Mountain, I will now again post some of my work from this semester, just in French, but with an introduction just in English. This presentation was done the day after my presentation on Magnetic Mountain - October 20. It covers the infamous treatise of Martin Luther entitled "Contre les hordes de paysans pillards et assassins," or "Against the Hordes of Thieving and Murderous Peasants" (see wiki page here). I realize that there are many faults of spelling and grammar, as well as a few faults of content (which my professor pointed out to me after my presentation). Nevertheless, I hope that anyone cruising the internet and looking for information may find this useful, or that anyone who knows me might find it interesting to glance over something I've done for class. Enjoy!

Contre les hordes de paysans pillards et assassins 
de Martin Luther 

Martin Luther
Je commente le texte de Martin Luther intitulé « Contre les hordes de paysans pillards et assassins ». Le passage fut publié en 1525, huit ans après les Quatre-vingt-quinze thèses. Pendant ces années Luther a travaillé constamment pour promouvoir ses réformes, dont nous avons parlé, avec des traités comme « À la Noblesse Chrétienne de la Nation Allemande » en 1520, que nous connaissons, et des nombreux autres qui expliquaient ses idées et argumentaient pour le changement. Il s’est opposé aux prédicateurs plus radicaux, des schwärmers, les zélotes ou les enthousiastes comme Andreas Karlstadt, Thomas Müntzer et particulièrement les deux « prophètes » de Zwickau, qui ont parlé du message que Dieu leur a envoyé par l’intermédiaire d’une vision de l’ange Gabriel. Le Saint-Empire était frappé par les révoltes des chevaliers et des paysans. Dans le cas des chevaliers, Luther a simplement refusé de s’identifier à leur cause, et la révolte a échoué. Peu après, la Guerre des paysans se manifeste, et c’est là où le rôle de Luther paraît d’être beaucoup plus important. En faisant cette commentaire je pose la problématique suivant : interpréter l’écriture de Luther, ses intentions et ses pensées ; puis, on se posera la question plus importante de savoir comment ou si Luther a influencé le Deutscher Bauernkrieg, ou Guerre des Paysans allemands – son début, son déroulement ou sa fin sanglante.

Mon plan pour traiter cette problématique est ceci : Dans une première partie, on déterminera à qui le passage s’adress, qu’est-ce qui a motivé les paysans, et enfin, de quoi s’agit le livre de Luther dont « Contre les hordes de paysans pillards et assassins » constitue un addendum. Dans un deuxième temps, on se tourne vers les enjeux de la lecture, qui se divisent en trois en tant que les trois péchés des paysans que Luther allègue. Dans la troisième partie, on étudiera les interprétations historiques de Luther, les événements de la guerre et enfin à quel point l’influence de Luther et son écriture sur cette histoire sont importantes.

(I.1) Au moment où il formule une théologie qui se situe entre celle de l’Église traditionnelle et celle des réformateurs extrêmes et où il est le témoin des actes révolutionnaires autour de lui, ravageant le Saint-Empire, Luther se trouvait dans une situation clé et dynamique. Il faut alors que nous nous posions la question fondamentale : à qui est-ce que Luther a écrit ? Comme nous savons de la première présentation, les imprimés étaient partout dans le Saint-Empire à ce point, et l’écriture des auteurs comme Luther, et particulièrement de Luther lui-même, se trouvaient partout, en latin et en allemand, avec toujours des versions et des traductions non autorisées. Cependant, ce n’était pas pour tout le monde que Luther a écrit. Je pose l’hypothèse qu’il avait un public très important – la communauté ascendante qui a tellement influencé les seigneurs d’Allemagne. C’était par cette communauté que Luther pouvait continuer son mouvement de réforme, entre le traditionalisme religieux sur un côté, et les schwärmers et les rebelles avec des buts religieux, politiques et sociaux sur l’autre côté. Par exemple, Philippe de Hesse, qui a participé dans la défaite des chevaliers et des paysans tous les deux : Philippe a écrasé les révoltes, mais il est devenu néanmoins réformateur. On va voir prochainement le contenu du passage de Luther, où on pourra discuter en plus ces enjeux des intentions de Luther et son public cible.

(I.2) Avant ça, pourtant, ce qui concerne le contexte du sujet cible de Luther – les paysans guerriers. Selon Georges Bischoff dans son livre récent La guerre des Paysans, ce conflit « n’a pas d’équivalent dans l’histoire de l’Europe. » C’était un soulèvement populaire spontané touchant presque toutes les régions méridionales du monde de langue germanique. Les armées rebelles étaient menées par des dirigeants religieux et radicaux comme Thomas Müntzer, et on peut dire que la cause du soulèvement était une fusion au bon moment des troubles et aspirations sociales, d’une situation sur le terrain des bouleversements et des changements, et enfin des inspirations religieuses bien articulés. Dans les Douze Articles de Souabe, qui ont été mentionnés la semaine dernière, et qui étaient un manifeste et un catalyseur pour les insurrections, les fondations religieuses sont claires : Ils étaient rédigés par des figures religieux et ils contient des exigences qui prétendent de conformer à la volonté de Dieu. L’article dernier déclare que les paysans sont bien disposés à modifier ou voire à abolir les articles en conformité avec l’Écriture – étant donné que quelqu’un peut leur convaincre de son vrai sens.

(I.3) En considérant l’enjeux des Douze articles, lisons-nous la première phrase du passage écrit par Luther : « Dans le petit livre précédent, je n’avais point le droit de condamner les paysans car ils s’offraient à être jugés et, mieux, à être enseignés ; or, le Christ commande de ne point juger (Math, [chapitre] VII, [verset] 1). » Le « petit livre précédent » était un traité de Luther sur les Douze Articles, où il écrit que l’exigence d’abolir le servage n’est pas en concorde avec l’Évangile. Poursuivre la liberté pour tous dans le monde temporel, c’est chercher le Royaume de Dieu sur la terre, ce qui est impossible, voire un blasphème. Il faut qu’il y ait de l’inégalité sur la terre, quelques hommes libres, quelques uns sous leur autorité en tant que serfs. Néanmoins, Luther écrit que les nobles et les paysans doivent négocier ensemble, et chaque parti doit renoncer un peu à sa position, les seigneurs diminuant leur oppression et les paysans abandonnant quelques uns de leurs articles. Enfin, Luther constate que les vrais chrétiens ne s’opposeraient pas à leurs seigneurs, ni ne persécuteraient pas leurs serfs. Donc, selon lui, sans réconciliation et la lumière de la parole de Dieu, tout le monde va en enfer.

(II) Tournons-nous vers la prochaine partie – le contenu de « Contre les hordes de paysans pillards et assassins », décrit dans mon plan par « Les trois péchés, la mort dix fois » ce que je vais expliquer. En suivant le texte sur les Douze articles, « Contre les hordes » ne constituait qu’un addendum. Ce texte est devenu célèbre, (ou fameux), pourtant, parce que Luther critique sévèrement les actions des paysans. Il se fâche car ses conseils étaient ignorés et les armées n’ont pas arrêté de se battre. Il allègue que les paysans pèchent trois fois en faisant la guerre, et pour ces trois péchés ils méritent la mort dix fois (dix fois au moins, bien sûr) : 1. Ils ignorent l’autorité ; 2. ils commettent des terribles actes de violence contre les hommes et l’Église ; et troisièmement, ils blasphèment contre Dieu en se justifiant par sa parole.

(II.1) Donc, en premier lieu, Luther considère que les paysans ont rompu « de façon délibérée et sacrilège les liens d’obéissance » et ils « s’insurgent de surcroît contre leurs seigneurs ». Il justifie sa position sur l’obéissance en utilisant après dans le passage les exemples de Christ, qui s’est soumit à l’autorité temporel et qui a dit « Rendez à César ce qui est à César ». De même, Luther utilise le premier verset du treizième chapitre de l’épître de Paul aux Romains - « Chacun doit être soumis aux autorités ». Il apparaît que Luther croit vraiment que le paysan doit avoir la foi chrétienne, se soumettre aux autorités absolument, quel que soit ce qui se passe – et puis il sera sauvé. Cette théologie constitue l’idée luthérienne des « deux royaumes » : le royaume de terre sur lequel Dieu règne utilisant les pouvoirs laïque, et le royaume de ciel, gouverné par la grâce de Dieu.

(II.2) En deuxième lieu, Luther traite de la violence perpétué pendant les révoltes, ce qu’il a vu pendant un tour de prédication après la publication de son livre sur les Douze Articles et avant d’écrire son addendum « Contre les hordes ». Il dit qu’ils sont des assassins qui volent et pillent les couvents et châteaux, et « pour cela seul ils méritent doublement la mort du corps et de l’âme ». (Ça fait une vingtaine de morts, n’est-ce pas ?) Il écrit également que « face à un rebelle avéré, tout homme est à la fois juge et bourreau » justifiant cette idée avec l’image d’un incendie qu’il faut éteindre. Il faut tuer le rebelle comme il faut tuer un chien enragé, il écrit. En plus, ce qui meurt au côté de l’autorité peut être un véritable martyr, pendant que « celui qui meurt au côté des paysans est promis aux flammes éternelles. » Bien que Luther puisse présenter plusieurs versets et une vraie construction théologique supportant sa position sur l’autorité, sa justification scripturaire pour cette violence nécessaire paraît extrêmement faible. Il n’utilise qu’une seule citation, encore de l’épître aux Romains : « Le magistrat est serviteur de Dieu pour ton bien. Mais si tu fais le mal, crains; car ce n'est pas en vain qu'il porte l'épée, étant serviteur de Dieu pour exercer la vengeance et punir celui qui fait le mal. »

(II.3) J’en arrive maintenant au troisième péché, les blasphèmes. Luther écrit que le plus grand péché des paysans est de prendre la parole de Dieu comme justification pour leurs actions : Il dit qu’ils « s’intitulent des frères chrétiens » et qu’ils « servent donc le Diable sous le couvert de l’Évangile ». En plus, les autorités vont se battre contre pas seulement « la chair et du sang », mais « des esprits scélérats dans les airs ». Ça veut dire que le Diable était sûrement sur le côté des paysans, et que leurs blasphèmes contre Dieu sont sans précédent. Pourtant, comment est-ce que Luther peut juger l’usage de la parole de Dieu ? sa connaissance supérieur de la Bible ? un rôle donné à lui par Dieu ? En contestant les schwärmers et tout ce dont il avait des conflits, Luther a revendiqué une position de droiture. Il serait très intéressant, cependant, de voir si ses adversaires, quels que soient des Catholiques ou des autres réformateurs, ont décrit Luther dans la même manière.

(III.1) La troisième partie de cet exposé concerne l’historiographie de la Guerre de Paysans, les interprétations des intentions de Luther, et enfin son influence et rôle éventuel dans toute cette histoire sanglante. D’abord, le bilan de guerre tout simplement était une défaite pour les paysans – des massacres, la tuerie des dirigeants comme Thomas Müntzer et enfin un total des morts de peut-être cent mille personnes. En 1850, Friedrich Engels a traité de cette histoire, disant à la fin que « La plus grandiose tentative révolutionnaire du peuple allemand se termina par une défaite honteuse et une oppression momentanément redoublée. » Puis, il faisait comparaison avec son propre temps : les princes ont gagné en 1525 comme des grandes monarchies ont gagné après les révolutions de 1848. Cependant, il écrit – bien sûr – contrairement aux paysans du seizième siècle, les prolétaires du dix-neuvième gagneraient la victoire finale.

(III.2) Qui est-ce, ce Martin Luther qui parle à travers le texte que nous discutons ? Selon quelques critiques, Luther avait des idées qui sont répréhensible de nos jours, comme l’antijudaïsme extrême et l’idée des deux royaumes, qui justifie la soumission aux autorités à tout prix. Pourtant, le rôle d’un historien n’est pas de faire un jugement moral, mais c’est de questionner les intentions et les croyances de Luther en tant qu’acteur historique. Quant à cela, « Contre les hordes de paysans pillards et assassins » démontre clairement la confiance de Luther dans la justice de sa cause. Bien que ce texte ait solidifié l’alliance entre Luther et les princes réformateurs, et peut-être soit jugé comme une action stratégique pour cette raison, je dirais que Luther a définitivement cru en ce qu’il a écrit. Ces intentions étaient d’exprimer la colère vertueuse en tant que principal porte-parole continuant de la réforme contre le plus grand conflit qu’il n’a jamais vu.

(III.3) Finalement, adressons-nous l’influence et la signifiance de ce passage pour la guerre et pour la Réforme entière. C’est probablement juste de dire que Luther n’a pas incité les révoltes des paysans, bien que ses idées aient peut-être contribué à la situation dynamique en ce que les paysans ont trouvé lieu pour rébellion. Selon Bischoff, la révolution Bundschuh des paysans était « provoqué par des mutations structurelles inouïes », par des « contradictions sociales » et « une culture politique nouvelle ». Il faut conclure donc que Luther et son écriture n’étaient pas tout puissants dans le déroulement de la réforme, surtout dans les vies et les actions des paysans. Cependant, « Contre les hordes de paysans pillards et assassins » a défini la position forte de Luther entre les schwärmers et les non réformateurs – c’est à dire, entre les radicaux et les conservateurs. Se trouvant au centre, allié avec des princes de l’Empire, Luther a réussi en construisant une nouvelle église, établie sur ses idées religieuses.

Bibliographie
  • Martin LUTHER, « Contre les hordes de paysans pillards et assassins », pris du livre Müntzer contre Luther. Le droit divin contre l’absolutisme princier, par Marianne Schaub, Paris, À l’Enseigne de l’arbre verdoyant, 1984, 2p. 
  • Georges BISCHOFF, La guerre des Paysans. L’Alsace et la revolution du Bundschuh, 1493-1525, Strasbourg, Éditions la Nuée Bleue/DNA, 2010, 488p. 
  • Bernard COTTRET, Histoire de la réforme protestante, XVIe-XVIIIe siècle, Perrin, 2001, 398p. 
  • Friedrich ENGELS, La guerre des paysans en Allemagne, 1850, pris du site de web http://classiques.uqac.ca/classiques/Engels_friedrich/guerre_paysans_en_Allemagne/engels_guerre_des_paysans.pdf, 130p. 
  • Eric W. GRITSCH, « Martin Luther and Violence : A Reappraisal of a Neuralgic Theme », The Sixteenth Century Journal, Vol. 3, No. 1 (Apr., 1972), p. 37-55 [JSTOR]. 
  • Steven KREIS, « Luther Against the Peasants (1525) » pris du site de web http://www.historyguide.org/earlymod/peasants1525.html, le 17 octobre 2011. 
  • James Harvey ROBINSON, « Luther’s Response to the 12 Articles (1525) », pris du site de web http://wadsworth.com/history_d/special_features/ilrn_legacy/ wawc2c01c/content/wciv2/readings/luther5.html, le 17 octobre 2011. 
  • Alphonse WOLLBRETT, « Les XII Articles de Souabe », pris du livre La Guerre des Paysans, 1525, Études et documents réunis par Alphonse Wollbrett, Société d’Histoire et d’Archéologie de Saverne et Environs, 1975, 143p.

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