Un demi-siècle d'essor : L’Alsace et ses transformations socio-économiques, 1806-1852 (une analyse en français)

This is my last assignment of the semester - a presentation I gave in my class "Alsace: Borderland and Battlefield." I looked at economic and social change in the first half of the 19th century in Alsace, including population growth, the Napoleonic era, industrialization and the lives of average people. It was actually quite fun to write, though unfortunately I didn't get to present the whole thing (my professor had to leave early). He did say I "understood the material very well" though, so that made me proud. Enjoy!

Un demi-siècle d’essor 
L’Alsace et ses transformations socio-économiques, 1806-1852

On a vu pendant ce cours comment le rôle d’Alsace en tant que terre frontière et champ de bataille a profondément touché les vies de ses habitants. Les Alsaciens ont encore et encore rendu face au pillage, aux réquisitions, à la destruction, à la mort. Pourtant, la vie ne change pas seulement pendant les temps de guerre. Un autre sujet auquel il faut bien s’adresser concernant l’histoire de l’Alsace se situe sur le plan économique, avec des éléments sociaux forcément inclus. Pour explorer un peu ce domaine d’étude, la période de la première moitié du XIXe siècle se présente comme une introduction excellente. Pendant ce demi-siècle, l’Alsace a vu un essor sans précédent, plein des transformations en travail, en commerce, en industrie et dans la vie quotidienne. En examinant cette cinquantaine d’années – ou plus spécifiquement quarante-six ans, dont la rationalité va être expliqué – la problématique suivant se pose : Quels sont les aspects les plus importants de cette période de développement, et à quel niveau les Alsaciens communs ont-ils participé ?

Pour traiter de cette question, un plan se propose qui touche dans un premier temps le contexte de l’agriculture et de la démographie de la région, suivi par l’épisode napoléonien du blocus continental – une étude importante des effets politiques sur l’économie qui commence notre chronologie dans l’année 1806. Dans un deuxième temps, on va regarder l’industrialisation avec une vue typique de haut en bas, considérant l’importation des nouveaux technologies, la création des nouvelles manufactures, et ensuite les éléments uniques de la classe patronale alsacienne, qui ont donné à cette région une histoire particulière. Enfin dans un troisième temps, il faut bien considérer la perspective du peuple commun et leurs expériences avec l’industrialisation et les autres changements économiques pendant cette période. En concluant sur ce dernier sujet, on pourra faire une évaluation amateur de l’historiographique économique alsacienne et en plus trouver peut-être des réponses suffisantes à notre problématique.

(I.1) Premièrement, il faut bien établir une image de la campagne alsacienne au début du XIXe et durant la période de cet exposé. Car, pour un millénaire et plus entre le Rhin et les Vosges, c’est la production agricole qui nourrit tous et qui forme la base sociétale pour les gens de chaque village. C’était la base des villes aussi, dont le premier rôle était pour longtemps l’échange des produits de la terre. Alors, si l’on examine les chiffres disponibles à l’historien, il paraît que la production par agriculteur en Alsace était très basse relative aux autres régions de la France. Pourtant, faîtes attention au langage – la production par agriculteur était basse, mais la production et le revenu par unité de terre étaient très hauts. Simplement dit, l’Alsace avait un plus grand nombre d’agriculteurs, chacun avec un morceau de terre fertile et intensivement cultivée, mais beaucoup plus petit que ceux de ses confrères de la France de l’intérieur.

Cette plénitude, cette complétude de la campagne alsacienne va être un thème de toute la période, car la pression démographique de la population rurale a envoyé des milliers de gens à l’industrie des villes en tant que migrants, à l’armée en tant que soldats et au reste de la France et au reste du monde en tant qu’émigrants. Avez-vous demandé pourquoi l’Alsace constituait la plus grande source des soldats français pendant les premiers deux tiers du XIXe siècle ? Une raison, c’est le surpeuplement rural, avec la paupérisation, la malnutrition et un bas niveau des salaires agricoles.

Les historiens alsaciens Bernard Vogler et Michel Hau conclurent que, je cite « La paupérisation constatée en Alsace au début du XIXe siècle paraît donc bien liée à une crise du système agro-artisanal traditionnel, de moins en moins capable de faire subsister une population en croissance continuelle. » Certes, il faut éviter la simplification : les tendances démographiques de l’Alsace entre Révolution et milieu du XIXe étaient complexes et flous, avec des immigrés et des émigrés et des pertes et des gains pour les villes et les régions diverses. Pourtant, des nombreuses communes rurales ont atteint leur population historique de maximum pendant les années 1820, représentant la chute inévitable du statu quo. Donc, on va voir ensuite un petit épisode politique qui a possiblement aidé en changeant ce système.

(I.2) Cet exposé commence avec l’an 1806 parce que, dans cette année, Napoléon 1er a signé le décret de Berlin, qui initiait le blocus continental, une interdiction de tout commerce entre le Royaume-Uni d’un côté, et de l’autre côté, l’Empire française, tous ces satellites et des nombreux autres états de l’Europe. Pour la plupart, l’historiographie de cette politique se concentre sur le commerce maritime et les effets sur les ports de l’Europe. Cependant, il faut réaliser que cette politique – même s’il nuisait l’économie du littoral – fournissait des vrais profits pour l’Alsace. Pour Napoléon, le but était de conquérir la mer avec la terre, et la France a profité beaucoup lorsque les pays du continent étaient forcés d’acheter les produits français au lieu des importations britanniques. En plus, les pays rhénans allemands constituaient un grand projet pour agrandir la France : toute la rive gauche du Rhin devient française, et sur la rive droite, la Confédération du Rhin est un satellite. Au milieu de tout cela se trouve l’Alsace, la voie aux nouveaux territoires et un nouveau commerce terrestre.

Selon Vogler et Hau, on ne doit pas considérer le blocus comme le « moteur du démarrage » de l’industrie alsacienne. Ils écrivent que les influences napoléoniennes ont orienté le développement de la région – mais dans une direction loin de compétitivité internationale et vers une dépendance sur le protectionnisme. Cependant, selon Geoffrey Ellis dans sa monographie de 1981, les commerçants et les fabricants d’Alsace étaient parmi ceux qui ont profité le plus du tout le système continental napoléonien. Malgré les crises de l’époque, l’Alsace a vu une forte croissance de commerce, en inclus la contrebande, particulièrement pendant les années de 1807 à 1811 et surtout à la ville de Strasbourg. On peut conclure que même si certaines industries étaient structurellement handicapées par un nouveau système douanier, certains Alsaciens s’enrichissaient beaucoup et c’est en fait une histoire essentielle pour le début de l’industrie dans la région.

(II.1) Dans un deuxième temps, on va s’adresser aux autres moteurs de l’industrialisation alsacienne et on va voir comment les manufactures se sont développés sur le terrain. Pour ce petit « un », certains produits, industries et innovations se présentent comme les aspects majeurs de ce thème. D’abord, l’arrivée du textile symbolisait un point de départ pour les industries alsaciennes, comme il avait été pour beaucoup du monde occidental. Bien que la première filature de coton soit venue en Alsace en 1803 – deux ou trois décennies après celles des quelques autres régions de la France – dès 1840 l’Alsace pouvait revendiquer la première place dans ce domaine. L’explication de cette grande croissance se trouve notamment dans les industries interconnectées qui se produisaient : les recherches scientifiques se poursuivant en même temps que l’application industrielle, les usines chimiques aidant les usines de toile, les centres comme Mulhouse avec leurs liens personnels et familiales, facilitant la coopération et l’accès aux capitaux, et cetera.

En plus, selon Michel Hau – et je cite – « On peut associer les grandes vagues d’industrialisation de l’histoire économique alsacienne à un certain nombre de percées techniques réalisés par des entreprises régionales auxquelles elles ont conféré pendant un temps plus ou moins long des avantages décisifs et qui expliquent la plupart de leurs spécialisations. » - fin de citation. Parmi ces percées se trouvent l’impression de l’indiennerie, le blanchiment des tissus, le mécanisation progressive des processus et les avances en qualité de production. On était dans un temps de bouleversement scientifique constante, et l’Alsace a réussi d’avoir des conquêtes continuelles et successives des nouveaux types de production technologique. La totalité des termes techniques, de vocabulaire pour tous ces industries et ces avancements est un peu difficile pour nous de comprendre aujourd’hui, encore moins les processus eux-mêmes.

(II.2) Alors, par la suite, examinons-nous un sujet plus compréhensible – l’aspect personnel des dirigeants des industries. L’Alsace se caractérisait par des familles qui ont pour générations financé et géré leurs entreprises ensemble. Pour exemple, Nicolas Koechlin a fondé son entreprise en 1802 en y associant son père, ses frères, ses beaux-frères et ses neveux. Quelques autres familles industrielles bien connues sont les Dollfus, les Mieg, les Dietrich et les Schlumberger. Pour ces familles, l’autofinancement des affaires était la norme, et l’assurance de pérennité était un grand objectif pour la famille, avec le père contrôlant tout jusqu’au point qu’il a su que ses héritiers travailleraient ensemble avec une forte solidarité familiale. En plus, une solidarité existe entre les familles patronales, particulièrement dans la pratique de l’endogamie, c’est à dire les mariages constamment faits à l’intérieur du groupe. Si l’héritage a inévitablement morcelé les possessions d’une famille, le mariage peut combiner la richesse des familles et créer des liens le long des intérêts proches.

Comme nous avons vu quelques fois dans ce cours, un aspect important religieux obtient aussi dans cette haute société, un sujet que les historiens ont souvent discuté. On peut citer pour exemple l’ouvrage du fameux sociologue Max Weber intitulé L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme, qui invoque, et je cite « les relations de l'esprit de la vie économique moderne avec l'éthique rationnelle du protestantisme ascétique. » Dans cette ligne de pensée, on voit dans les actes des sociétés industrielles alsaciennes des références religieuses fréquentes et des expressions de foi dans les écrits des patrons. Pourtant, il faut rappeler qu’il y avait non seulement une assez grande nombre des industriels catholiques, mais aussi que « l’esprit puritain » n’était pas quelque chose de monolithique, quelque chose d’inchangeable. Les familles patronales d’Alsace étaient influencées par beaucoup d’éléments sociétales et enfin elles ont changé beaucoup au fil du temps aussi.

(III.1) Maintenant on tourne loin des riches dirigeants bourgeois, vers les vies de leurs ouvriers et des autres Alsaciens pendant cette période. Pour la première partie, la question se pose de quels effets sociaux avait l’industrialisation. On peut commencer en utilisant enfin mon accroche, une citation de la géographe Étienne Juillard : « Comment douter que ce soient ces paysans, pullulant sur des territoires exigus, qui aient permis le développement des manufactures ? » Ces mots nous rappellent la pression du surpeuplement et de paupérisation dans les campagnes, mûre pour le changement, les gens désireux d’opportunité. Ajoute l’historien Roland Marx, pourtant, je cite « Si partout l’industrie enrichit globalement la province et fait la fortune des entrepreneurs les plus avisés, ce n’est pas sans payer une lourde rançon à la paupérisation des ouvriers » fin de citation.

Ce n’est pas juste, hein, de fuir la pauvreté pour la pauvreté ! En fait, ces ouvriers ont travaillé de treize à quinze heures par jour, et les conditions des usines – très variables selon les industries – pouvaient être extrêmement lourdes. Dans les ateliers des usines textiles, pour exemple, on a travaillé dans la poussière, endurant des températures de 34 à 40 degrés. De plus, les tâches dans des industries de tout sorte étaient malsaines, propageant les maladies. Pendant toute cette période, l’Alsace avait des salaires industriels parmi les plus faibles de la France. En 1852, le moyen salaire d’un journalier alsacien était entre 1,32 francs et 1,46 francs, alors que dans les régions comme la Provence et l’Île de France, il était supérieur à 2 francs.

Dernièrement, il faut bien considérer aussi la présence des femmes et des enfants dans les usines – une présence très forte en Alsace. Pour les ateliers textiles, les femmes constituaient en général entre 56 et 70 % de la main-d’œuvre, typiquement payées moins que les hommes, bien sûr. Les enfants sont payés encore moins, et on trouve souvent des usines des filatures avec environ 50% de la main-d’œuvre les femmes, 50% les enfants. En 1847, les enfants constituaient 22% de tous les salariés haut-rhinois. Le travail a commencé très tôt dans leurs vies, sans écoles, leurs parents sans la capacité de les élever ; on a même ignoré la loi de 1841 sur la protection des enfants de moins de 8 ans. Ainsi les usines s’insèrent dans la vie.

(III.2) Alors finalement on atteint notre dernier thème et commence avec Jacques D’Hondt, qui a écrit que « Dans la genèse de la grande industrie l’ouvrier est un facteur aussi passif qu’anonyme. Il peine, et c’est tout et c’est immense. » Toutefois, ce n’est pas tout. Il faut rappeler que c’était au milieu de cette période, pendant les années 1820, que l’Alsace connaissait son maximum de population rurale. Dans le Haut-Rhin, beaucoup plus industrialisé que le Bas-Rhin, c’était un huitième de la population qui s’employait en tant qu’ouvrier – un nombre considérable, mais pas du tout une majorité. En fait, tout au long du XIXe siècle la production agricole alsacienne accroissait, tout en gardant une main-d’œuvre nombreuse pendant que les autres régions de la France l’ont généralement remplacé avec le capital. Les nombreux petits cultivateurs alsaciens ont utilisé cette main-d’œuvre encore abondante comme un atout, augmentant leur production en volume et en valeur. Ils ont réussi aussi en adoptant les nouveaux techniques agricoles, même avec guère de capital. Particulièrement dans le Bas-Rhin, on a vu un phénomène appelé par Nicolas Stoskopf une « industrialisation sans révolution ». Il s’agit de la petite industrie, des familles qui se trouvaient partout, utilisant les méthodes artisanales pour fabriquer de tas de choses, adaptées aux demandes de près et de loin. C’est une histoire d’innovation individuelle, et malheureusement que je n’ai pas le temps de dire plus.

En guise de conclusion, je dirais que j’ai trouvé certaines déceptions en dépouillant les livres sur l’histoire économique d’Alsace – des fixations sur les patrons, une manque d’attention sérieuse pour les ouvriers, une surabondance des chiffres sans contexte ou but suffisant. À mon avis, les chiffres ne peuvent pas expliquer tout ; en plus, je crois que les éléments sociaux et économiques de l’histoire sont souvent inséparable, et il faut les considérer ensemble. Alors, j’ai essayé de faire une sorte de regard général sur l’histoire socio-économique d’Alsace pendant une période du décret de Berlin de Napoléon 1er jusqu’à l’ascendance de Napoléon III. En faisant ça, on a vu que l’essor de ce demi-siècle avait des complexes contributions, en inclus les tendances de population, les actions politiques, les sciences, la technologie et les pratiques d’une classe patronale unique. De même, on a vu la création d’une classe ouvrière, des gens qui se sont pour la plupart échappés d’une misère, seulement pour trouver un autre. Cependant, ces ouvriers et les autres alsaciens des niveaux économiques de base ont toujours essayé de survivre et de faire vivre leurs familles et leurs futurs. Ils étaient les premiers contributeurs à l’Alsace d’aujourd’hui.

Bibliographie

  • Carole CHRISTEN-LÉCUYER, « La mesure de l’efficacité sociale des caisses d’épargne françaises au XIXe siècle », Histoire & mesure [En ligne], XX - 3/4 | 2005, mis en ligne le 01 décembre 2008, consulté le 01 décembre 2011. URL : http://histoiremesure.revues.org/1400
  • Geoffrey ELLIS, Napoleon’s Continental Blockade: The Case of Alsace, New York, Oxford University Press, 1981, 273p. 
  • Michel HAU, L’Industrialisation de l’Alsace (1803-1939), Strasbourg, Association des Publications près les Universités de Strasbourg, 1987, 439p. 
  • Paul LEUILLIOT, L’Alsace au début du XIXe siècle : Essais d’histoire politique, économique et religieuse (1815-1830), II. – Les transformations économiques, Paris, S.E.V.P.E.N., 1959, 502p. 
  • Roland MARX, L’Alsace de la Révolution à l’annexion, 1789 à 1871, Colmar-Ingersheim, Éditions Mars et Mercure Wettolsheim, 1978, 162p. 
  • Bernard VOGLER et Michel HAU, Histoire économique de l’Alsace, Strasbourg, Éditions la Nuée Bleue/DNA, 1997, 390p. 
  • Max WEBER, L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme, pris du site du web http://classiques.uqac.ca/classiques/Weber/ethique_protestante/Ethique_protestante.pdf, 143p.

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